mardi 27 novembre 2012

Le temps qui reste


Dire que je pars, et que je ne vous ai pas encore parlé de la moitié des sujets que je voulais aborder sur ce blog. Je n'ai certainement pas réussi à casser tous les clichés que l'on peut avoir sur l'Afrique. Je ne sais pas pourquoi je me suis sentie investie d'une mission journalistique que je n'aurai pas réussi à remplir, faute de temps. Il aurait fallu vous dire encore les différents quartiers de Buja, chacun avec sa personnalité propre.

Kanyosha, la commune populaire par excellence, qu'on pourrait s'imaginer peuplée de bidonvilles, mais finalement pas tant que ça. Le centre-ville, plutôt propre car entretenu par un grand nombre de femmes employées par la ville et que l'on voit se casser le dos à longueur de journée pour couper la pelouse sur les grands boulevards ou bien balayer les trottoirs, véritables Sisyphes. Mon quartier dont les fossés sont de plus en plus encombrés de mauvaises herbes car depuis juillet, quand le Président a levé pour un mois l'obligation des travaux communautaires du samedi matin, plus personne n'a voulu remettre la main à la pâte. Désormais, c'est sommeil communautaire.

Les transports. Les mini-bus dans lesquels on se tasse à 20 personnes quand, en France, on ne logerait pas à neuf. Les chauffeurs alcooliques qui se croient toujours prioritaires et ne regardent même pas les piétons. Les routes pleines de trous qu'on a fini par apprendre par cœur. Les vélos surchargés de paille non encore séchée ou de bidons vides qui traversent la plaine de l'Imbo. Les vélos qui remontent vers Bugarama et franchissent les quelques 1000 mètres de dénivelé en s'accrochant au cul des camions. On en voit parfois une quinzaine par camion. Les accidents de la route... et toutes ces raisons qui font que je n'ai pas pris le volant une seule fois depuis le début.

Les magasins improvisés dans des containers. Les kiosques en bois pourris où on peut acheter des unités pour son téléphone, des beignets et n'importe quoi, en fait. Les vendeurs à la sauvette sur les bords de route et que l'on siffle en passant pour qu'ils accourent vers notre véhicule avec aux mains des cigarettes, des unités ou des bananes. Les alimentations qui peignent sur leurs murs les produits qu'ils vendent, comme celle qui est proche de la cathédrale et qui propose des serviettes hygiéniques.

La manière dont les gens parlent français ici, avec tout plein de belgicismes. Le fait qu'au bout de neuf mois, je prononce le t à la fin du mot « vingt », et qu'on ne dise plus que « septante » et « nonante ». Le kirundi que je n'aurai jamais appris.

Et puis j'ai oublié un peu ce que j'écrivais au début. Est-ce que je vous ai dit qu'on sifflait les serveurs ? Que les gens ici avaient très peur des chiens ? Paraîtrait en effet qu'ils mangeaient les cadavres durant la guerre civile.

Ah la la. J'ai pas fini, j'ai pas fini...

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire